Littérature, idéologies, représentations XVIIIe siècle

 

Présentation

L’antenne grenobloise de l’UMR LIRE (CNRS 5611) poursuit aujourd’hui un travail lancé par une École de chercheurs qui ont fortement marqué les études dix-huitiémistes françaises de la seconde moitié du XXe siècle (autour de professeurs comme Jean Fabre, Michel Gilot, Jean Sgard, Catherine Volpilhac-Auger). Cette École de Grenoble s’est signalée en particulier par ses réflexions sur la notion de sensibilité, par ses dictionnaires et ouvrages consacrés aux journaux, aux journalistes et aux discours de presse, ainsi que par ses travaux d’analyse et d’édition des œuvres de Marivaux, de l’abbé Prévost, de Crébillon fils et de Montesquieu.


Son équipe actuelle compte une demi-douzaine de chercheurs directement affiliés à son siège de Grenoble, auxquels sont associés une trentaine de chercheurs internationaux (Espagne, Angleterre, Canada, USA). Fidèle à la tradition de l’École de Grenoble, cette équipe mène de front un travail d’édition critique (sur des corpus souvent négligés de discours de presse, de contes, de théâtre) et de réflexion transdisciplinaire associant l’interprétation littéraire à la contextualisation historique, à l’épistémologie des sciences humaines ainsi qu’à la problématisation philosophique et politique. Outre l’organisation régulière de séminaires de recherche, de conférences publiques et de colloques internationaux, elle se signale par une importante production d’articles, d’ouvrages et d’éditions critiques, qui peuvent être regroupés autour de trois grands axes de recherche, ainsi que de quelques autres domaines d’intérêt et de compétence.


 Édition critique et analyse des Mémoires secrets dits « de Bachaumont »

On connaît en général les Mémoires secrets dits (à tort) « de Bachaumont » comme une source d’informations sur la vie culturelle de la seconde moitié du XVIIIe siècle utile aux historiens, aux spécialistes de la littérature, de l’esthétique, du théâtre, de l’opéra ou de la musique. Ces 36 volumes publiés avec le plus grand succès pendant 25 ans, de 1777 à 1789, ont proposé sous forme de chronique rétrospective un vaste panorama critique de la République des Lettres en France de 1762 à 1787. Une de leurs particularités, qui les distingue des autres périodiques littéraires, est d’une part de couvrir un champ culturel plus vaste (théâtres de société, pamphlets religieux et manuscrits clandestins, textes matérialistes), qui les rapproche par exemple de la Correspondance littéraire de Grimm et Meister, et d’autre part de fournir une information événementielle élargie, qui prend un tour de plus en plus spécifiquement politique. Cet ensemble complexe, qui n’est pas l’œuvre d’un homme mais d’une équipe, qui n’est pas unifié mais diversifié ou parfois contradictoire, qui change de rythme de publication et de type d’informations, n’a pour l’heure fait l’objet que de quelques analyses pionnières (lancées par Jeremy Popkin et Bernadette Fort), et offre encore un terrain extrêmement riche et sous-exploité par la critique contemporaine. L’équipe internationale de chercheurs dirigée par Christophe Cave a entrepris l’édition critique papier et électronique de cette collection dont elle vise aussi à interroger la nature « textuelle » ou les ramifications intertextuelles, les discours et les modes de représentations.

Le travail d’édition et d’annotation paraîtra chez Champion en une dizaine de volumes papier à partir de janvier 2009 ; il vise en particulier, outre l’établissement du texte de base – opération complexe vu les réimpressions sans autorité – à restituer la spécificité de cette chronique : les raisons de certains suppléments (Additions et Augmentations en cours de route), la modification des contenus, qui voit diminuer progressivement la part de la « République des lettres » au profit du politique, les emprunts ou les plagiats et tous les phénomènes d’intertextualité, que l’on soupçonnait mais que l’on peut établir avec précision : nouvelles à la main, imprimés de la « mouvance » mairobertienne (Pidansat de Mairobert étant sans doute, à l’origine du moins, le maître d’œuvre de cette chronique), périodiques français et étrangers. Chaque volume papier comporte le texte, ses variantes, des notes, trois index (noms de personnes, titres, premiers vers de pièces en vers) ainsi que de brèves fiches de synthèse. Une édition en ligne est prévue à la fin de ce travail en cours.

Cet énorme effort d’édition des Mémoires secrets est l’occasion de réfléchir, à la fois en profondeur et en détails, sur les premiers développements de la sphère médiatique. Loin de ne concerner que les spécialistes du discours de presse, cette réflexion sur ce qui pouvait intéresser un public de lecteurs durant la deuxième moitié du XVIIIe siècle rafraîchit toute l’image qu’on se fait du siècle des Lumières, révélant à la fois des pans cachés de sa futilité, des formes discrètes de son esprit contestataire et des aspects frappants de sa proximité avec notre société de spectacle. Les Mémoires secrets sont moins à lire comme un répertoire d’informations que comme un texte qui construit l’information, invitant l’analyste à s’interroger sur les discours et les logiques événementielles qui organisent l’espace culturel des Lumières. Car si les Mémoires secrets sont devenus incontournables, alors qu’ils concurrencent ou parfois redisent si ouvertement le Mercure de France ou le Journal de Paris, c’est assurément qu’on y trouve une vis critica, une force critique qui semble animer les moindres nouvelles, ainsi qu’un sens du débat qui sans être totalement nouveau est déjà en prise avec la constitution des opinions publiques et de la « médiasphère ». Les actes d’un premier colloque consacré à ces problématiques sont rassemblés sous le titre Le Règne de la critique.

 Le conte merveilleux entre discours du savoir et imaginaires sociaux

En continuité avec le travail d’édition de l’œuvre complète de Crébillon fils dans la collection des Classiques Garnier, l’UMR LIRE est devenue au cours des dernières années le centre le plus actif des nouvelles recherches sur le conte merveilleux et orientalisant. Sous la direction de Jean-François Perrin, en collaboration étroite avec Anne Defrance, l’équipe se livre à un travail conjoint d’édition savante et d’interprétation littéraire. Du côté de l’édition savante, un important appareil critique nourri d’annotations, d’histoire des textes, de repérages intertextuels et de balisage des pistes interprétatives a renouvelé la lecture de contes et de recueils largement négligés par l’histoire littéraire récente. Trois gros volumes ont été ou sont sur le point d’être publiés par les éditions Champion, dans la Bibliothèque des Génies et des Fées, qui a entrepris l’édition critique, en 20 volumes, du fameux Cabinet des fées de la fin du XVIIIe siècle, augmentée des contes qui n’y avaient pas eu droit de cité. Ces trois volumes sont : les Contes de Thomas-Simon Gueullette (édités sous la direction de Jean-François Perrin, avec la collaboration de Carmen Ramirez, Christelle Bahier-Porte, Marie-Françoise Bosquet et Régine Daoulas) ; un volume consacré à Hamilton et autres conteurs, au nombre desquels figurent Pajon, Tessin, Duclos, Diderot et Rousseau, (édités par Anne Defrance et Jean-François Perrin) ; un volume de contes de Moncrif, Pajon et anonymes est en préparation (édité par Anne Defrance et Aurélia Gaillard).

Après s’être concentrée, dans un premier temps, sur le conte orientalisant, inspiré de la traduction des Mille et Une Nuits par Galland en 1702, cette recherche en est arrivée à considérer le genre du conte merveilleux comme un élément « surexposé » de la crise des formes romanesques entre 1680 et 1740, et à ce titre révélateur de tensions nodales dans l’ensemble du champ culturel. On l’étudie dans ses connexions à d’autres formes narratives (fragment, nouvelle, roman), à d’autres genres de fictions et modes de représentation (arts de la scène), à d’autres sortes de discours de savoir (ethnologie, philosophie, vulgarisation savante, économie, arithmétique politique). On le situe plus généralement par rapport aux reconfigurations du savoir scientifique et de la pensée rationaliste caractéristiques du monde moderne.

Une caractéristique déterminante de cette surexposition se manifeste par le fait que la mise en spectacle du conte merveilleux connaît une véritable vogue entre la fin du XVIIe siècle et la première moitié XVIIIe siècle, et cela aussi bien sur les théâtres institutionnels (Comédie-Française, Comédie-Italienne) que sur les théâtres non institutionnels (Foires, boulevards, théâtres de société). Cette « spectacularisation » est elle-même un trait spécifique du conte littéraire depuis Mme d’Aulnoy et Perrault, en lien avec la révolution opérée dans le champ esthétique par la querelle des Anciens et des Modernes, dont la « querelle du Merveilleux » aura été un moment crucial. Notre recherche sur ce qu’expérimentent et partagent à cet égard les arts de la scène et le conte littéraire a été lancée en 2005-2006 avec la préparation du colloque « Le conte en ses paroles » (publié aux Éditions Desjonquères en 2007) qui posait la question de la figuration littéraire de l’oralité dans le conte de l’Âge classique, en intégrant dans la problématique le partage d’une conception moderne du merveilleux par le conte et les arts de la scène (opéra, théâtre). Elle a été ensuite développée par le n° 4 de notre revue Féeries dédiée au thème « Le conte, la scène ». Le travail passe par un effort de repérage d’un ensemble de pièces presque complètement oubliées, auxquelles Martial Poirson, entouré de collègues et d’étudiants chercheurs, a consacré une année de notre séminaire de recherche dès 2006-2007, faisant émerger un vaste corpus et des problématiques résolument transdisciplinaires – un effort collectif qui est en train d’aboutir à la réédition de plusieurs de ces œuvres surprenantes. L’étude de ces pièces met au jour des problèmes relatifs à la visibilité du merveilleux et à la capacité qu’ont les moyens scénographiques (alors en pleine révolution) de les prendre en charge. Les « scènes de l’enchantement » offrent ainsi un espace unique de questionnement sur les limites du visible, du montrable, du vraisemblable et du pensable. Un vaste colloque international sur ces questions est prévu pour octobre 2009, à l’initiative d’Anne Defrance, Jean-François Perrin et Martial Poirson, intitulé « Les scènes de l’enchantement : arts du spectacle, théâtralité et conte merveilleux (1650-1850) ». Élargissant l’enquête au XIXe siècle, il s’adressera à la fois aux spécialistes des arts de la scène et aux spécialistes du conte merveilleux, il envisagera le conte merveilleux, non seulement à travers la théâtralité inhérente au conte narratif (qu’il s’agisse de scènes de théâtre insérées ou du développement d’un système d’énonciation relevant de ressorts dramatiques), mais aussi l’essor du conte dramatique, à la faveur des très nombreuses transpositions au théâtre de contes merveilleux et à la faveur du développement sans précédent des techniques de scène et de jeu, indice d’un rapport nouveau à l’illusion théâtrale.

Un troisième champ d’études considère les contes et leurs mises en scène comme proposant une nouvelle alliance de la raison critique et de l’imagination créatrice. Le merveilleux cultivé par ces genres devient le lieu d’une plate-forme d’intégration imaginaire sur laquelle différentes problématiques (morales et philosophiques, scientifiques, politiques, économiques) peuvent entrer en contact et s’entre-féconder. La nature de divertissement du conte et du théâtre, le caractère intrinsèquement ironique et joueur de leur poétique, leur auto-réflexivité prononcée et finalement leur capacité de diffusion par capillarité dans l’ensemble de la culture, ont vraisemblablement contribué à structurer les croyances et les désirs de leur public – l’imaginaire social – de façon à rendre audibles et acceptables des perspectives de pensée jusqu’alors forcloses. Dans cette perspective, le n° 6 de la revue Féeries (2009) est consacré à explorer l’impact des méthodes et des modèles des savoirs sur l’écriture du conte au XVIIIe siècle. Dans le même cadre, Yves Citton travaille à une étude monographique consacrée Charles-François Tiphaigne de la Roche, médecin et polygraphe normand, dont l’œuvre mêle de façon aussi enjouée que déroutante des motifs inspirés de la tradition merveilleuse, des savoirs scientifiques et de la réflexion morale, l’ensemble relevant d’une imagination débridée lançant des ponts aussi bien vers la science-fiction à venir que vers la philosophie antique. Avec Tiphaigne, on peut observer l’intégration du merveilleux des contes dans une réflexion (hésitante et hautement ambivalente) sur les merveilleuses (et inquiétantes) promesses de la modernité techno-scientifique.

L’équipe dirigée par Jean-François Perrin assure enfin la publication annuelle de la revue Féeries, publiée par les ELLUG (Éditions Littéraires et Linguistiques de l’Université de Grenoble). Le comité de rédaction de cette revue (Christelle Bahier-Porte, Anne Defrance, Jean Mainil, Jean-Paul Sermain, Jean-François Perrin), associe à deux chercheurs de l’UMR trois autres chercheurs renommés, spécialisés dans la poétique du genre romanesque et du conte de l’Âge classique. Cette revue étudie le conte merveilleux de langue française, du XVIIe au XIXe siècle, comme un secteur particulièrement sensible de la littérature, comme un espace d’échange entre les genres, et comme un creuset d’expérimentation formelle et de réflexion esthétique. Chaque numéro est consacré à un thème précis formant un dossier d’environ 150 pages, auquel s’ajoutent des articles originaux hors-thématique ainsi que des travaux d’édition scientifique et des comptes-rendus critiques des publications concernant le domaine. Les thèmes traité à ce jour comprennent « Le Recueil » (n° 1, 2003), « Le Conte oriental » (n° 2, 2004-2005), « Politique du conte » (n° 3, 2006), « Le conte, la scène » (n° 4, 2007), « Le rire des conteurs » (n° 5, 2008), « Le conte, les savoirs » (n° 6, 2009), « Le Conte et la Fable » (n° 7, 2010) et « Le merveilleux français à travers les siècles, les langues, les continents » (n° 8, 2011).

 Constitution des publics et conceptions de l’interprétation

Comment l’expérience littéraire contribue-t-elle à former des publics ? Telle est la question qui structure une interrogation sur la façon dont la réception active (individuelle et collective) des œuvres artistiques (textes, mais aussi spectacles et tableaux) est impliquée dans la constitution de leurs publics et, symétriquement, sur la façon dont ces publics construisent le sens de ces œuvres à travers les pratiques interprétatives qu’ils leur appliquent. On réfléchit ici sur le rôle à double face des « communautés interprétatives » (selon l’expression de Stanley Fish) : il faut conjuguer une réflexion herméneutique et des connaissances de sociologie historique pour comprendre comment les habitudes de lecture et d’interprétation, au sein de leur ancrage social et culturel, sont à la fois ce qui conditionne les significations perçues dans une œuvre et ce qui résulte des effets produits par les œuvres elles-mêmes.

Comment œuvres et publics se sont-ils développés à travers un mouvement commun de construction mutuelle ? Pour résoudre une telle question, il faut bien entendu solliciter des approches relevant de la théorie de la lecture (ce qu’Yves Citton a fait dans son ouvrage Lire, interpréter, actualiser. Pourquoi les études littéraires ? publié aux Éditions Amsterdam en 2007), mais il faut aussi nourrir le réflexion des apports de l’histoire matérielle du livre, de l’histoire culturelle des pratiques de lecture, de l’histoire du théâtre, de la presse ou de l’art. Les chercheurs du centre se proposent de mobiliser leurs connaissances de la réception d’œuvres passées ainsi que du corpus journalistique – les périodiques jouant un rôle essentiel de pivot entre la réception d’ouvrages et la production de texte, entre l’interprétation individuelle et la constitution d’attentes collectives. Un travail plus littéraire aborde cette question en analysant la façon dont les textes représentent la dynamique à travers laquelle les œuvres programment leur interprétation et façonnent leur public.

Ce questionnement, voué à rester ouvert, a pour vocation d’être fédératif, permettant à chaque chercheur de l’UMR LIRE, ainsi qu’à ses nombreux invités ponctuels, de nourrir une réflexion commune nourrie des recherches, des corpus, des objets et des thèmes d’étude que chacun a pu développer au cours de sa carrière.

 Autres objets de recherche des membres de l’UMR LIRE

En marge de ces grands axes, quoique généralement en interaction féconde avec eux, les chercheurs de l’UMR LIRE développent des projets de recherche plus particuliers à chacun d’eux.

- Jean-François Perrin, outre ses travaux sur le conte, a consacré de nombreuses publications à Jean-Jacques Rousseau, avec deux livres consacrés aux Confessions, et une série d’articles consacrés aux Dialogues et aux Rêveries. Il a réalisé deux éditions critiques concernant Rousseau : une sélection de Lettres philosophiques (Livre de poche classique, 2003) et une édition de La Reine Fantasque chez Champion (coll. « Bibliothèque des Génies et des Fées, n° 18 », 2008). Il mène également depuis plusieurs années une réflexion de longue haleine sur la notion de mémoire affective et sur ses manifestations au sein de textes littéraires et philosophiques, du XVIIe siècle jusqu’à Proust.

- Yves Citton a publié des livres et des articles sur le spinozisme des Lumières, sur les enjeux littéraires et philosophiques du discours physiocratique, sur les résonances politiques de quelques récits d’impuissance sexuelle, ainsi que sur les lectures actualisantes de la littérature du passé. Il a rédigé plusieurs études sur Rousseau, Diderot, Jean Potocki, André Chénier, Isabelle de Charrière et Tiphaigne de la Roche. S’intéressant à la philosophie politique, passée et contemporaine, il a dirigé des recueils analysant les rapports entre individus et communautés à l’époque des Lumières, les frontières littéraires de l’économie et les relations entre la philosophie de Spinoza et la constitution des sciences sociales.

- Christophe Cave, qui dirige l’édition des Mémoires secrets, est un spécialiste de la presse d’Ancien Régime (gazettes et journaux, opinion publique, phénomènes médiatiques). Il est avant tout un spécialiste de l’œuvre de Voltaire, en particulier de sa correspondance, qu’il a analysée dans son important travail de thèse. À côté de nombreux articles publiés sur cet auteur et outre les textes dont il réalise l’édition critique pour les Œuvres complètes de Voltaire publiées par la Voltaire Foundation d’Oxford, il a également coordonné aux SVEC un recueil sur les discours et représentations biographiques intitulé Les Vies de Voltaire. Il s’est beaucoup intéressé au domaine de l’épistolaire, sur lequel il a publié un certain nombre d’articles. Il a contribué à différents dictionnaires et collectifs étudiant le récit utopique à l’aube de la modernité.

- Anne Defrance – outre la vingtaine d’articles qu’elle a déjà consacrés à divers aspects des contes des XVIIe et XVIIIe siècles sur des auteurs comme Madame de Villeneuve, Madame de Villedieu, Marguerite de Lubert, Crébillon fils ou Charles Perrault – a publié chez Droz un livre pionnier centré sur l’œuvre de Madame d’Aulnoy. Elle a également co-dirigé un recueil d’études ayant pour objet les Regards sur l’enfance au XVIIe siècle.

- Catherine Langle s’intéresse depuis plusieurs années aux représentations des femmes dans la littérature française du long XVIIIe siècle, qui va de 1650 à 1850. Elle a réalisé une longue étude consacrée aux expériences de cloître dépeintes dans les œuvres de cette période.

- Martial Poirson est spécialiste de l’histoire et de l’esthétique du théâtre. Il a dirigé deux ouvrages collectifs étudiant les croisements entre discours économique et discours littéraire, thème sur lequel il a publié de très nombreux articles et prépare actuellement deux volumes analysant, au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, d’une part les représentations de l’économie sur la scène théâtrale, d’autre part l’économie des spectacles. Son intérêt pour les diverses formes d’actualisation des Lumières l’a conduit à co-diriger deux recueils d’études interprétant les images que les écrans cinématographiques et télévisuels proposent de cette période. Il a réalisé plus d’une demi-douzaine d’éditions critiques de pièces de théâtre des XVIIe et XVIIIe siècles (qu’il a parfois mises en scène), il prépare une anthologie d’adaptations dramatiques des contes de Perrault, co-dirige l’édition du Théâtre français complet de Dufresny et collabore à l’édition du Théâtre complet de Louis-Sébastien Mercier. Ses recherches actuelles définissent et analysent, sur un plan à la fois esthétique et idéologique, ce genre très particulier et mal repéré de la comédie allégorique, qui s’est déployé en France entre la fin du XVIIe et la Révolution française, période à laquelle il vient par ailleurs de consacrer un ouvrage collectif.

- Pascale Pellerin est une chercheuse du CNRS qui a publié des livres sur la réception de Diderot à la fin de la Révolution ainsi que sur la réception des philosophes des Lumières dans la France de l’Occupation, sous le prisme de la Résistance et de la Collaboration. Elle étudie actuellement les évocations des penseurs des Lumières dans l’imaginaire colonial : conquête et colonisation de l’Algérie (XIXe et XXe siècles).

- Isabella Mattazzi est une chercheuse italienne qui a publié plusieurs ouvrages consacrés à l’imaginaire des Sylphes (de Crébillon à Cazotte), au Manuscrit trouvé à Saragosse de Jean Potocki, ainsi que de nombreux articles touchant à la pensée des Lumières et à la littérature contemporaine.